L’organisation apprenante… 5. La vision partagée

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Cet article représente le cinquième volet d’une série de sept articles sur l’organisation apprenante. Il s’agit d’une réflexion réalisée par Daniel Tanguay en 2001 à la suite d’une lecture du livre La Cinquième discipline de Peter Senge (La cinquième discipline, Le guide terrain, préface et adaptation d’Alain Gauthier).

Cette discipline, seulement par son titre, veut déjà tout dire. Un des fondements d’une organisation apprenante implique que des individus au sein d’une même entreprise doivent partager un but commun, un objectif à atteindre.

Or, trop souvent, nous voyons la vision comme la mission de l’entreprise, sa raison d’être établie par les fondateurs, comprenant des valeurs, des coutumes, une culture qui sont toutes inscrites sur les murs de l’entreprise depuis des lunes. Je crois que la vision de Peter Senge est plus vivante que cela, plus souple et moins claire aussi…

Dans son livre Peter Senge dit : « ... la discipline de la vision partagée est essentiellement centrée autour de la construction de la compréhension partagée, là où elle n’existait pas auparavant » (p. 346).

Une organisation où les individus acceptent que passivement une vision ne peuvent pas être vraiment impliqués. Ils font leur travail mais participent-ils au développement de l’organisation?

Une organisation apprenante est une organisation qui n’a pas peur de mettre sur la table toutes les options : la manière de se comporter les uns envers les autres, la manière de traiter ses clients, la manière de travailler avec ses partenaires, le niveau d’efficacité désiré, les limites à ne pas franchir, etc.

Bien sûr, le processus pour y parvenir ne se fait sûrement pas sans tout repos, il n’est pas toujours évident de savoir comment concilier les points de vue de chacun mais une organisation apprenante doit savoir vivre avec la frustration temporaire et procurer à ses membres « …l’immense satisfaction de se créer une vision personnelle et de bâtir une vision partagée pour leur équipe » (p. 346).

Le défi de création d’une vision partagée, c’est de ne plus chercher à contrôler, à motiver ou à évaluer les autres mais seulement à écouter et à tirer profit des énergies nouvellement déployées. Or, j’entends déjà des gestionnaires me dire que certains employés (ou collègues) en profiteraient pour se plaindre de leur sort, prendraient des décisions comme s’ils avaient carte blanche dans l’entreprise ou pire, que d’autres partageraient la vision avec leurs compétiteurs!

Pour parvenir à construire une vision partagée, il faut d’abord de la patience. Peter Senge dit dans son livre: « …c’est un peu comme d’essayer de maîtriser sept chevaux sauvages au lieu de fouetter sept chevaux morts pour les obliger à avancer » (p. 352).

Une organisation apprenante doit être en mesure de mettre en place des mécanismes qui permettent à tous ses membres d’actualiser régulièrement sa vision personnelle et aussi celle de l’équipe tout entière.

La vision partagée, c’est chercher à créer une tension créatrice entre ce que les individus désirent pour eux-mêmes, et ce qui est bon pour l’organisation. Évaluer ce qu’ils ont présentement et ce qu’ils pourraient avoir. Mais surtout, trouver des moyens de réduire progressivement cet écart pour maintenir un intérêt constamment renouvelé.

C’est ainsi que les individus travaillent à construire ce qu’ils veulent construire et pas seulement d’aller au travail parce que leur patron veut les voir!

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