La session des auditions pour entrer dans les écoles de théâtre vient de se terminer. Beaucoup de travail et d’émotions. 

Le processus de préparation débute dès l’automne. Les aspirants-comédiens doivent, dans un premier temps, choisir les scènes qu’ils veulent présenter. Une en français international et l’autre écrite par un auteur Québécois. Dès cette étape, le stress commence. « Quelles scènes choisir, où les trouver? Lesquelles seront les meilleures pour me mettre en valeur, faire ressortir le meilleur de moi-même? » La compétition est grande : 800 personnes s’inscrivent et 16 seulement seront choisies : 8 filles, 8 garçons… Beaucoup d’appelés, peu d’élus!

Acte 2

Dans un deuxième temps, il faut se trouver une réplique, c’est-à-dire une personne qui jouera l’autre rôle dans la scène. Une personne dévouée et généreuse qui donnera beaucoup de son temps à l’élaboration de ce projet.

Par la suite, les répétitions proprement dites commencent. Une session par semaine avec la coach et une autre en répétition avec la réplique. En tout, près de 30 heures de répétition plus le travail individuel pour 2 scènes de 5 minutes.

Il faut ajouter à cela la recherche sur le personnage et le travail de psychologie de la scène. Se préparer pour les auditions, ce n’est pas une mince affaire!

Au cours des ans, j’ai coaché plusieurs jeunes et, chaque année, il y a une chose importante que je remarque. La réussite réside dans la préparation et l’approche. Certains se fient à leur instinct. Ils se disent : «  Je n’ai pas besoin de faire tant d’efforts de recherche sur mon personnage, je n’ai pas à tant travailler chez moi. Je vais être inspiré quand je vais être sur scène. Quand je vais jouer, je vais le sentir… » D’autres, par contre, travaillent d’arrache-pied et se préparent abondamment. Le personnage est sondé, analysé. La recherche du sous-texte est approfondie. Les émotions du personnage sont analysées, décryptées, choisies. La recherche émotive et gestuelle est tout aussi importante. Chaque geste, chaque réplique a sa propre émotion, son sens, sa valeur.

Bien entendu, ceux du deuxième groupe performent mieux et obtiennent de meilleurs résultats. Leurs scènes sont beaucoup plus touchantes et intéressantes. C’est une erreur de penser que l’inspiration va venir en étant devant le public, en ayant le trac. Oui, le trac peut propulser une scène, mais il ne remplacera jamais la préparation et le travail.

Les musiciens répètent des heures et des heures avant de montrer leurs œuvres au public. Pourquoi en serait-il autrement pour les présentations orales? Tout est dans la préparation, la répétition, le travail, le travail.

Il y a une théorie qui dit que peu importe le talent, c’est le travail et les heures qu’on met sur notre projet qui font la différence. André Agassi a passé toute son enfance et son adolescence à taper sur des balles. Oui, il avait du potentiel, mais c’est son travail acharné au quotidien qui a fait toute la différence.

Je donne souvent cette analogie à mes étudiants. Quand on aperçoit un iceberg, on ne voit que la partie visible, celle qui sort de l’eau. Mais, comme on le sait, cette partie est soutenue par une autre section qui est trois fois plus grande. Si elle n’y était pas, la partie visible coulerait à pique. Alors, c’est la même chose pour une présentation publique réussie. La partie visible, votre présentation, doit être supportée par la partie invisible, soit le travail et la préparation. On dit que pour une présentation de 5 minutes on devrait être capable de parler du sujet pendant des heures. Oui, il y a la matière, mais il y a aussi les répétitions, la préparation. Il faut arriver préparé et savoir exactement où on s’en va.

La prochaine fois que vous aurez à parler en public, « frappez beaucoup de balles avant »…

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