« Ayez confiance en vous », nous dit-on. Il faut dégager de la confiance pour parler en public, pour inspirer les gens!

Mais la confiance, est-ce que ça s’apprend? Peut-on la forcer à venir?

Quand vous sentez-vous en confiance, dans quelle circonstance?

La prochaine fois où vous vous sentirez en confiance, observez comment vous vous sentez dans votre corps, quelle est votre position physique. Observez votre attitude corporelle et votre respiration. Normalement, quand on se sent « groundé » comme on dit dans le métier, on a les deux pieds bien fixés au sol et notre poids est également réparti sur nos deux pieds. Notre respiration est lente, profonde et régulière. Notre voix est stable et en contrôle. Prenez-le temps de vous observez et de vous analyser, mais surtout de ressentir votre état émotif.

L’état de confiance peut survenir à tous moments et parfois même dans des situations toutes simples. Tenez, tout à l’heure, avant de me mettre à cet article, je marchais dehors avec mon chien. Il faisait soleil et je trouvais que c’était une belle journée pour la fin novembre. Je me suis alors sentie vraiment bien. Mon pas était plus confiant, mon corps avait plus de tonus et je regardais franchement vers l’avant. Qu’est-ce qui s’est passé? Je pense que c’est parce que j’étais présente à mon environnement, que je me sentais dans le moment présent. Dans le ici et le maintenant. Que mon cérébral ne contrôlait pas ce qui se passait.

Quand on commence à se déconstruire, c’est souvent parce que les pensées négatives, le jugement commencent à nous assaillir. On se dit : « Mon dieu que je ne suis pas bonne, qu’est-ce les gens vont penser? Je ne devrais pas être ici à parler devant les gens, je suis un imposteur, etc. » Quand on est focussé sur ses pensées, on devient effectivement moins bons.

C’est comme pour l’acteur quand il est en train de jouer son texte. Les problèmes arrivent quand il commence à se dire : « Mon dieu que je suis mauvais! Ce soir, il y a les journalistes, ils vont écrire leurs critiques et ils vont dire que je suis pourri, etc. » Je dis alors à ceux-ci que, effectivement, ces soirs-là, ils sont mauvais. Leur talent, leur potentiel est dirigé vers le cérébral au lieu d’être dirigé vers l’écoute et le senti. Dans ces moments je leur conseille de se dire : « Qu’est-ce que l’autre acteur me dit. Qu’est-ce que cela me fait quand ce personnage me dit telle ou telle chose? ». Il faut être dans le moment présent, dans le « qu’est-ce qu’on me dit et qu’est-ce que je ressens. »

L’orateur doit faire la même chose. Il doit faire un contrôle sévère de ses pensées. Quand une pensée négative apparaît, il faut lui dire : « non dehors » et la changer par : « qu’est-ce que je suis en train de dire? Comment je me sens quand je parle de ça? J’ai envie de partager mes idées, parce que j’y crois, parce que c’est important ». Bien sûr, il faut aimer et croire en ce qu’on dit. Sinon, vous n’arriverez jamais à toucher les gens. Tout comme un acteur doit aimer son personnage.

Il y a quelques années, quand Patrick Roy gardait encore les buts, je l’avais entendu faire ce commentaire que j’avais trouvé fort approprié pour les acteurs et les orateurs, (malgré qu’il ne parlait que de hockey…). Une journaliste lui avait demandé : « Comment faites-vous pour être si bon? À quoi pensez-vous quand vous gardez les buts? » Patrick Roy avait répondu à peu près ceci : « Je ne pense à rien. Je me concentre uniquement sur la rondelle et sur mon corps. S’il faut que je me regarde garder les buts, le temps de faire ça, ben la poque va être rentrée… ».

Vous avez aimé? Partagez !Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone