J’ai toujours aimé les histoires où à la fin le persécuteur finit par avouer ses torts et s’excuser. Ce mois-ci, c’est l’histoire de Dare Foods et Choco-Là qui a retenu mon attention. Le revirement que cette saga a pris démontre l’efficacité que peut avoir la communication en 2013 surtout lorsqu’elle est mal gérée ou lorsqu’on ne sait pas comment « surfer sur une vague »

Dare Foods versus Choco-Là

D’un côté, nous avons Choco-Là une petite entreprise qui confectionne les Ouipettes de luxe. Les copropriétaires ainsi que huit employés en fabriquaient environ 800 par semaine. Au retour des fêtes, une mise en demeure les attend. Dare Foods, le géant du Whippet, lui donne 15 jours pour changer le nom Ouipette et en éliminer toute trace sur le Web, les emballages, les menus, etc. Dans cette mise en demeure, on peut y lire que le nom Ouipette ressemble beaucoup trop à Whippet qui est « une propriété intellectuelle de Dare Foods ». Cela porte à confusion et pourrait faire baisser les ventes de Dare Foods » qui possède « […] ses sept usines de fabrication, plus de 1 300 employés et 115 ans d’activités […] » En plus, de vendre une quantité de « 45 millions de Whippets par jour dans plus de 300 pays ». Selon François Paradis, « Dare Foods a probablement remarqué le Ouipette à la suite d’articles publiés dans certains médias nationaux.»

Communication à l’ère où tout se propage à la vitesse « laser »

À quelques jours de la St-Valentin, la nouvelle s’enflamme et se répand comme une trainée de poudre sur le Web, mais aussi à la télé (Radio-Canada, TVA, Canoe, Globe and Mail, blogues, etc.). La petite entreprise Choco-Là, leurs Ouipettes et leur mésaventure avec DareFood reçoivent énormément de visibilité. Une belle vitrine médiatique et publicitaire que normalement elle n’aurait jamais pu atteindre, surtout pas gratuitement. Ça ne pouvait mieux tomber, puisqu’ils passent de 800 Ouipettes par semaines à 800 par jour. Merci  Dare Foods!

Une vraie campagne marketing 360 très réussie!!!

Profiter du 2.0 pour faire de la business

Selon moi, Dare Foods a manqué une belle occasion de pouvoir rattraper l’événement à son avantage. Ils ont plutôt passé pour le gros intimidateur qui ne dialogue pas, mais menace. Une attitude un peu révolue pour la manière de faire des affaires en 2013 dans ce type de contexte. D’ailleurs, Marie-Claude Ducas l’explique très bien dans son billet « Après l’affaire Lassonde, l’affaire Ouipette ? »

Coup d’éclat, la veille de la St-Valentin, le président de Dare Foods décide de s’excuser personnellement aux 2 copropriétaires de Choco-Là. De plus, il annonce qu’il paiera les 3000$ de frais que la petite entreprise a dû débourser pour changer le nom de ses Ouipettes à Poufettes de luxe.

Tout est bien qui finit bien ?

Peut-être, mais je trouve cela quand même un peu ironique qu’au final, Goliath s’excuse à David et décide de le compenser. Une simple mise en demeure s’est finalement transformé pour Dare Foods en une publicité négative pour eux et extraordinaire pour leur « compétiteur ». Voyant l’image renvoyée et la pub gratuite d’une valeur inestimable offerte à Choco-Là… Quelqu’un a dû se poser des questions.

Il a certainement dû y avoir une réunion pour décider quoi faire de cette petite écharde qui commençait à devenir incommodante. Ils ont évalué les coûts/bénéfices et stratégiquement parlant, c’était plus simple de faire 3 appels :

1- Pour informer les médias de leur rétractation;

2- Les excuses personnelles à Choco-Là;

3- À la comptabilité pour débloquer un chèque de 3000$;

Donc, voilà toute cette histoire de Dare Foods v.s. Choco-Là qui est une leçon en soi. Une histoire qui démontre comment la « communication 2.0 » est rendue si…. « inflammable ». L’ère où un geste d’apparence anodine peut prendre des proportions inimaginables et terminer par des conséquences dignes d’une série télé. À l’ère où, selon moi, les consommateurs et les petites entreprises ont plus de voix grâce à toute cette révolution des communications amorcées par la venue d’internet. Un peu comme l’imprimerie au XV siècle ? En tout cas, pour moi cela fait partie d’une certaine démocratisation des moyens de communications.

L’histoire finit quand même bien, car c’est aussi un beau coup de pub pour Dare Foods. Ils n’ont peut-être pas su profiter pleinement de l’occasion de mettre en pratique ce que l’on appelle le marketing tourné vers la communauté. Par contre, ils ont peut-être évité une « viralité » qui aurait pu vraiment nuire à leur image et tourner au cauchemar.

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