31 mars 2026
Gestion
Les mois à venir seront déterminants pour la santé de nos commerces locaux
À la suite de quelques réactions à notre infolettre du 18 mars dernier, nous répondons à vos propos dans la 2e partie de cette infolettre. Mais débutons d’abord avec un sujet un peu mois sexy, mais tout de même important pour le commerce de détail.
POLITIQUE D’EXACTITUDE DE PRIX EN MAGASIN
Au Québec, lorsqu’un consommateur achète un produit dont le prix ne correspond pas à celui qui est affiché, le consommateur peut avoir droit à un dédommagement selon la politique d’exactitude des prix. Cette politique avait été mise en place il y a plusieurs années pour éviter les abus des détaillants qui affichaient un prix en tablette différent du prix facturé à la caisse.
Les consommateurs ne vérifiant pas toujours leur facture, payaient parfois un prix plus élevé, soit à cause d’un affichage erroné en tablette, ou d’une erreur dans le système informatique du détaillant. Il fallait faire quelque chose et le gouvernement a agi adéquatement avec cette politique d’exactitude de prix

Cette politique concernait surtout les plus grandes surfaces il y a 25 ans. Aujourd’hui, la majorité des petites entreprises ont également un système informatique et scannent leurs produits à la caisse. La politique d’exactitude des prix concerne donc beaucoup plus de monde, beaucoup plus de commerces de proximité.
Or, il semble que plusieurs détaillants n’aient pas informé leurs employés sur la mise à jour de la politique de prix. Depuis bientôt un an, la politique a été bonifiée pour suivre l’inflation. Le dédommagement maximal est passé des 10 $ à 15 $ aujourd’hui. Plusieurs employés ne sont pas au courant.
SVP, pour les détaillants qui sont concernés, vous devez rappeler à vos employés qu’en cas d’erreur de prix, voici la procédure suivante :
Évidemment, si vous êtes un détaillant qui pose une étiquette de prix sur chaque produit que vous vendez en magasin, vous n’êtes pas tenu d’appliquer la politique d’exactitude des prix en magasin, mais vous devez respecter au minimum la règle d’étiquetage individuel. Par exemple, en cas d’erreur de prix ou de double étiquetage, vous devez vendre votre produit au plus bas prix annoncé. Aucun dédommagement n’est toutefois prévu pour le client, puisque la politique ne s’applique pas.
À noter qu’il existe également certaines exceptions à la politique d’exactitude de prix comme pour certains produits exemptés tels que les vêtements, les chaussures, les produits d’alcool, etc. ou si un produit a été déplacé sous une étiquette tablette dont la description porte sur un autre produit.
En résumé, il serait judicieux de remettre à votre agenda la formation de vos employés. Avec le contexte inflationniste actuel et la chasse aux rabais, vous pourriez rencontrer davantage de clients informés ou qui tentent d’influencer vos employés pour obtenir un rabais auquel ils n’ont pas le droit.

Pour en connaître davantage sur la politique de prix, ses modalités et ses exceptions, CLIQUEZ ICI
LA GUERRE EN IRAN – UN COMBAT DE BOXE !
Vous avez été quelques-uns à réagir à notre infolettre du 18 mars. La majorité d’entre vous n’était pas en accord avec notre position de revoir vos prix de vente à moyen terme, afin de ne pas trop affecter vos marges brutes. Voici un commentaire qui résume assez bien vos propos dans l’ensemble.
On se tire dans le pied si on augmente nos prix, les clients ne viendront plus chez nous et ce sera pire encore que si on ne fait rien et qu’on assume plutôt la hausse temporaire de l’essence.
Vous avez peut-être raison. Mais au moment d’écrire cette infolettre, sur la rive-Sud de Montréal le prix de l’essence était maintenant 1,96$/litre. Jusqu’où pourrez-vous prendre sur vos épaules toute cette inflation? On vous le demande…
Car ce qui s’en vient est INÉVITABLE…
David Colasurdo, de Gestion de Patrimoine LD est une personne très avisée. Nous prenons souvent appui sur ses réflexions pour évaluer les impacts économiques pour le secteur du commerce de proximité. Dans sa dernière infolettre, David nous donnait la citation suivante :
“Une fois sur le ring, il n’y a pas de sortie possible; on lève les gants, on encaisse les coups et on attend le bon moment pour passer à l’offensive”
Cette analogie au combat de boxe est à notre avis EXACTEMENT la situation qui prévaut pour le commerce de proximité. Si vous êtes en mesure d’encaisser les coups, et d’assumer cette hausse des coûts, c’est parfait pour vous. Vous pouvez rester debout et demeurer sur la défensive. Mais attention… il va bien falloir passer à l’offensive à un moment donné, sinon tôt ou tard vous risquez de vous retrouver au tapis!
SVP soyez vigilants et calculez vos ratios financiers ! Ne rien faire peut être une option, en autant que vous gardez les yeux ouverts, sinon un crochet de gauche pourrait vous être fatal. Si vous avez besoin d’aide pour analyser le tout, demandez à votre comptable ou munissez-vous d’un coach pour le round suivant… car malheureusement, le combat de boxe ne fait que commencer.
À bientôt !
L’Équipe Détail Formation