11 août 2026
Gestion
Agir maintenant ou accepter le déclin.
Nous sommes de retour de nos vacances estivales. Après avoir parcouru une partie du monde, nous revenons au Québec avec un constat peu reluisant : nos rues commerciales se meurent, et ce n’est pas seulement au Québec que ça se passe.
Pendant trop longtemps, nous avons cru que nos rues commerciales allaient toujours être présentes. Nous les avons tenues pour acquises. Encore aujourd’hui, nous entendons des propos du genre : « si ce commerce ferme, il y en aura un autre pour ouvrir à sa place ».
Après tout, nos rues commerciales ont traversé les crises économiques, l’arrivée des grandes surfaces, le commerce électronique, et même une pandémie. Nous avons pensé qu’elles possédaient une capacité de résilience presque infinie. Aujourd’hui, cette illusion s’effondre.
Le commerce de proximité ne va pas bien. Le taux de vacances des locaux commerciaux est en hausse presque partout au Québec, mais aussi ailleurs dans plusieurs villes du monde. Nous assistons à une lente, mais profonde agonie de nos de nos rues commerciales. Bientôt, il ne restera plus que les grandes chaînes, et toutes nos rues commerciales seront identiques: sans saveur, sans spécificité locale.
Ce n’est pas un effondrement spectaculaire. C’est pire : un déclin progressif qui s’installe dans l’indifférence jusqu’au jour où il sera devenu presque impossible de faire marche arrière.
QUELLE EST NOTRE VISION ICI AU QUÉBEC?
Cette situation nous rappelle étrangement les changements climatiques. Pendant des décennies, les scientifiques ont sonné l’alarme. Nous avons longtemps cru que nous avions le temps. Cet été nous prouve du contraire.
Les rues commerciales vivent exactement le même phénomène. Lorsqu’une rue commerciale perd de sa vitalité, de son identité, c’est tout un quartier ou un village qui perd une partie de son âme.

Ici au Québec, nos infrastructures vieillissent. Les travaux se multiplient. Pourtant, trop souvent, ces chantiers sont pensés uniquement sous un angle technique. On remplace des conduites d’eau. On enfouit des fils électriques. On répare des égouts. Mais où est la vision?
N’est-il pas temps que ces investissements majeurs soient présents pour transformer l’expérience sur nos rues commerciales? Revoir l’éclairage, le mobilier urbain, les espaces verts, les terrasses, la circulation. L’EXPÉRIENCE des familles, des citoyens et des visiteurs devrait être au cœur des projets municipaux.
On doit cesser de voir un chantier majeur, ou même le commerce en général, comme un simple dossier administratif. Une rue commerciale vivante améliore la sécurité, la qualité de vie, le tourisme et la santé économique d’un quartier, d’une ville. Chaque décision municipale et provinciale influence directement la capacité de nos commerçants à prospérer.
Il faut revoir nos rues commerciales en planifiant d’abord leur ATTRACTIVITÉ !
LE MANQUE DE RELÈVE… UNE VALORISATION DÉFICIENTE
À cette situation s’ajoute un autre phénomène encore plus préoccupant : le vieillissement de nos entrepreneurs. Plusieurs de nos propriétaires de petits commerces approchent de la retraite. Ils souhaitent maintenant passer le flambeau. Mais à qui?
Les jeunes entrepreneurs hésitent. Et peut-on réellement les blâmer? Pourquoi investir ses économies dans une rue commerciale en déclin? Pourquoi décider d’acheter un commerce lorsque des travaux s’étirent pendant des mois/années sans véritable stratégie? Pourquoi se lancer dans l’aventure du commerce, gérer des employés et des clients de plus en plus difficiles, payer des loyers de plus en plus exorbitants, et finalement réaliser des revenus qui sont à peine plus élevés qu’un salarié ?
Pourquoi prendre un tel risque lorsqu’on sent que les décideurs considèrent le commerce de proximité comme secondaire ? Le manque de valorisation de nos commerçants est flagrant. Un artisan n’est pas seulement un pomiculteur ou un producteur de sirop d’érable !
Ce manque de relève pour le commerce de proximité est, d’abord et avant tout, un problème de confiance. Confiance envers l’avenir, envers nos municipalités, envers les bailleurs de location commerciale, et surtout, envers une vision collective valorisant le métier de commerçant.
Les associations de commerçants sont devenues avec le temps des alliées, de plus en plus de véritables moteurs de développement pour attirer de nouveaux entrepreneurs et accompagner les commerçants. Mais que peuvent-elles faire réellement sans une vision partagée avec les propriétaires d’immeubles commerciaux, les fonctionnaires et les élus?
Malgré tout, plusieurs commerçants existants continuent de se battre. Certains investissent dans leur façade, leur vitrine, la formation de leurs employés, leur expérience client et leur présence numérique. Mais pas suffisamment c’est certain. Mais soyons sérieux, les commerçants indépendants ne peuvent pas porter seuls l’avenir de nos centres-villes.
QUOI S’ATTENDRE DES PROCHAINES ÉLECTIONS ?

Les élections provinciales offrent une occasion de remettre nos centres-villes au cœur des priorités. Nous parlons de santé, d’éducation et de logement. Parlons aussi de la santé de nos rues commerciales.
Détail Formation aimerait entendre chaque candidat répondre à deux questions simples : quelle est votre vision des rues commerciales de votre circonscription pour les vingt prochaines années? Comment comptez-vous soutenir la relève, attirer de nouveaux investisseurs, encadrer les baux commerciaux, et faire du commerce de proximité un véritable levier de développement?
Car, au fond, tout repose sur une seule chose : l’espoir.
Une société investit dans ce en quoi elle croit. Si nous cessons de croire en nos centres-villes, nous finirons par perdre beaucoup plus que des commerces. Nous perdrons des lieux de socialisation et une partie de notre identité comme Québécois, car nous entendons souvent que le commerce en ligne est le grand coupable. Pourtant, la véritable menace est ailleurs.
Elle réside davantage dans notre incapacité à porter une vision ambitieuse pour nos rues commerciales, et à croire profondément que ces beaux métiers que sont nos bouchers, fleuristes, coiffeurs, fromagers, restaurateurs, et autres commerçants plus importants les uns que les autres, demeurent des piliers irremplaçables de notre économie, de notre qualité de vie et de notre identité collective.
Voilà c’est dit ! Maintenant soyons optimistes et tournons-nous vers l’avenir !
PROGRAMMATION AUTOMNE 2026
Pour une 28e année, nous entreprendrons une autre saison pour soutenir les associations de commerçants, et les commerçants eux-mêmes, à maintenir leur vitalité économique. Pour prendre connaissance de nos formations publiques en zoom pour l’automne 2026, nous vous invitons à vous référer à notre infolettre du 2 juin dernier .
Bonne fin de saison estivale.
L’équipe Détail Formation